GTT : Jesus my rock, Mesures 10-13

Ce petit préambule théorique aidera peut-être ceux qui ne sont pas très à l’aise avec le solfège, à mieux comprendre les concepts présentés.

La pulsation
La pulsation est ce qui nous fait battre des mains et taper du pieds à l’écoute un morceau de musique. Il n’est pas nécessaire d’avoir une batterie pour la ressentir : chantez par exemple « A la claire fontaine » en tapant des main, et la pulsation se mettra en place naturellement.
Même si les tous les temps ne sont pas toujours explicitement musicalement marqués, la pulsation reste présente, « une fois la machine lancée ». Vous pouvez par exemple arrêter de chanter notre comptine, tout en continuant à taper la pulsation.

Le tempo
Le tempo est un nombre qui permet de quantifier la pulsation en battement par minute (bpm). Par exemple 84 bpm pour « Jesus my rock », soit presque un battement et demi par secondes. Installez un métronome sur votre smartphone, et expérimentez différentes valeurs.

La mesure
La mesure découpe le morceau de musique en intervalle de temps de longueur constante (à quelques rares exception près). C’est une notion un peu délicate à définir.
La mesure contient un certain nombre de temps, marquant la pulsation du morceau, en général 3 ou 4 dans la musique afro-américaine. Avec une musique à 4 temps par exemple, on va retrouver 2 temps forts -le moment où on clappe des mains-, ce qui introduit une nouvelle périodicité dans notre morceau musical, justifiant la mesure.
Enfin, le passage d’une mesure à la mesure suivante correspond la plupart du temps à un changement d’accord musical (mais il peut arriver que 2 mesures consécutives gardent le même accord, ou encore qu’un changement d’accord se fasse au milieu de la mesure).

Écoutez un morceau, commencez à taper des main, puis essayez d’entendre quand se fait le changement d’accord, comptez le nombre de temps séparant chaque mesure

Le rythme
Le rythme est le découpage qu’impose les notes ou les syllabes de la chanson. Chantez à nouveau « A la claire fontaine » et tapez des mains cette fois à chaque syllabe. Vous constaterez que contrairement à ce qui c’est passé lorsque vous battiez la pulsation, avec le rythme, si vous arrêtez de chanter, votre battement de main n’a plus de sens.
Même si le rythme est lié à la pulsation, ce sont deux notions différentes. Toute la subtilité (et notre problème ici), consiste à associer les deux.
Ce travail peut se faire à l’écoute du morceau de manière intuitive, ou bien en étudiant la partition, ou en mélangeant les deux. C’est cette dernière option que propose Joël ici. Il serait vraiment dommage de se priver d’un outil aussi performant qu’une partition, capable de décrire la musique sur une simple feuille de papier.

Organisation de la partition
Sur une partition, la longueur des notes, et des silences, est indiquée par différents symboles, récapitulés par le tableau suivant :

 

 Pour comprendre le rythme d’un morceau, la première chose consiste à savoir à quel moment tombent les temps dans la mesure (appui des pieds au sol et clap des mains).

Revenons donc aux mesures 10 à 13 concernées par la vidéo, et vérifions d’abord que chaque mesure contient 4 temps (attention, un « point » après une note ou un silence, prolonge sa durée d’une demi fois la valeur) :

 

Une fois cette vérification effectuée, un simple comptage des durées de chaque note ou silence, nous permet aussi de placer les temps dans les mesures .

Sur la mesure 10 par exemple, où nous avons un enchaînement :

  • double croche soit 1/4 temps (début du premier temps),
  • croche soit 1/2 temps,
  • double croche soit 1/4 temps (fin du premier temps 1/4 + 1/2 + 1/4=1),
  • double croche soit 1/4 temps (début du second temps),
  • croche soit 1/2 temps,
  • double croche soit 1/4 temps (fin du second temps),
  • croche pointée soit 3/4 temps (1/2 + 1/4),
  • double croche soit 1/4 de temps (fin du troisième temps 1/4 + 3/4 =1)
  • soupir soit 1 temps (début du quatrième temps, qui se termine à la fin de la mesure).

On arrive alors au résultat ci-dessous où la position du début de chaque temps est matérialisé par un trait rouge :

 

On peut alors généraliser à l’ensemble des 4 mesures :

Le débit

Comme on peut le voir, chaque temps est lui même découpé. Le plus petit intervalle correspond à une double croche. Celle-ci divise le temps (la noire) en 4 fractions de temps. Pour désigner ce nouveau découpage, on parle alors de débit, de flux rythmique, de division rythmique ou encore de subdivision.

En appliquant la même méthode que précédemment, on divise chaque temps en quart de temps, ce qui permet de placer le débit sur la mesure 10, représenté ci-dessous par les traits bleus, uniquement sur le pupitre soprane pour des raisons de lisibilité :

Ici, le débit est donc de valeur 4 ; comme ce nombre est un multiple de 2, on dira que le débit est binaire. Si le temps était divisé en trois subdivisions, on aurait alors un débit ternaire.

Attention de ne pas confondre la division de la mesure en 4 temps, et le débit qui est aussi de 4 dans notre exemple.

La vidéo

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